
Les formations sont dispensées dans un merveilleux cadre : Florence Quinette, professeur de l’association « Dentelles au Fil de l’Aure » habite un ancien moulin à eau. La rivière s'appelle l'Aure, d'où le nom de l'association.
Dans l'atelier, très lumineux, tout est prévu pour que les élèves soient à l'aise...
LISTE DES EXPOSITIONS DE L’ETE 2010
L’association « Dentelles au Fil de l’Aure » est une association loi 1901 dont l’objectif est de promouvoir et de maintenir vivante la tradition de la dentelle.
Elle a été créée en septembre 2000 et est actuellement présidée par Florence LEROY.
Les cours de dentelles sont assurés par une professionnelle de la dentelle aux fuseaux, Florence Quinette, diplômée du conservatoire du Puy en Velay. Elle est titulaire du CAP «Arts de la dentelle» depuis 1983. Elle a travaillé durant 17 années au Conservatoire de la dentelle de Bayeux, où elle a participé à la réalisation des commandes pour les grands couturiers tels Balmain, Dior, Lapidus et Hermès.
Durant toutes ces années, elle a acquis une grande expérience dans différents types de dentelles et maîtrise parfaitement, le 'Torchon', le 'Russe', le 'Cluny', la 'Danoise' et le 'Bayeux'.
Professeur depuis plus de 28 ans, Florence Quinette est une enseignante très pédagogue qui vous fera partager sa passion pour la dentelle aux fuseaux.

Les cours sont dispensés dans un endroit agréable, lumineux et très chaleureux, au bord de l’Aure qui est la rivière traversant notre village et jardin …
Dans l’atelier Florence Quinette, dentellière professionnelle, vous initiera à la technique de la dentelle aux fuseaux.
Selon vos connaissances, votre niveau et votre expérience vous rejoindrez l’une ou l’autre de ces étapes.
Je tiens à votre disposition une liste des chambres d'hôtes à proximité de l'atelier...
et sur Bayeux..
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Différents niveaux vous sont proposés :
dite aussi 'Torchon'
C’est la première dentelle que toute apprentie commence par maîtriser. Elle enseigne tous les points de base nécessaires à l’élaboration de dentelles plus complexes. Avec la dentelle Torchon ( appelée ainsi car, plus aisée et rapide à réaliser, elle ornait souvent le linge de maison, dont les torchons…) et l’aide de Florence, vous apprendrez :
les fonds de base ( fond Torchon, fond renforcé du Velay, … )
les remplis de base ( la grille, le mât et ses variantes, … )
les points essentiels pour gravir toutes les étapes ( le pois ou araignée, la coquille, …)

La dentelle Cluny est une dentelle sans fond dont les motifs sont reliés les uns aux autres par des « cordes » composées de 2 ou 4 fils. On y découvre le fameux point d’esprit … Cauchemar ou amour d’une vie. C’est à voir et surtout à découvrir ...

La dentelle genre russe est très plaisante à réaliser. Elle nécessite peu de fuseaux, l’utilisation des remplis de bases comme le mât, des points d’esprits... et du temps. Napperon réalisé en fil de lin, nécessitant une trentaine de fuseaux. Réalisé par une élève de Florence Quinette.

L’atelier s’est lancé dans la fabrication de bijoux depuis 3 ans. Florence vous initie à leur réalisation. Les difficultés de ce niveau résident dans le montage et l’arrêt des bracelets, boucles d’oreilles, pendentifs et colliers. Collier réalisé en coton et fils métalliques avec incrustation de perles.

La dentelle danoise est une dentelle réalisée en fil fin où l’on y apprend les nouveaux fonds Alençon et Vitré et le passage d’un cordon. Napperon réalisé par Florence Quinette.

Progression pédagogique de ce style jusqu’à l’interprétation. Médaillon en dentelle de Bayeux « Bouquet d’Anémones » faisant partie de la progression « Bayeux »

Ce niveau permet de se perfectionner dans les étapes difficiles et peu pratiquées que sont le montage et l’arrêt au crochet des napperons, marque-page et médaillons.

Dentelle de Normandie
Dentelle en fils polychromes ou fils d’or ou argent
Travail des fils de soie de couleurs avec la technique du Bayeux
Toutes les dentelles présentées ci-dessus ont été réalisées dans notre atelier de dentelles aux fuseaux. Chaque modèle est unique et adaptable selon vos goûts et couleurs.
Vous pouvez vous les procurer en nous contactant...
Florence.|
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LES PENDENTIFS « RAKU » Chaque pendentif est à 25 € + port
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RAS DE COU Prix : 35 € + port
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LA PARURE Prix : 28 € + port
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COLLIERS GOUT DU JOUR Prix : 47 € + port
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Collier « feuille » Prix : 41 euros + Frais de port Réalisé en fils coton et rigides Incrustation de perles. Collier en ruban Taille du bijou : 8.5 cm x 6.5 cm |
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COLLIER 'COEUR' Prix : 30 € + port
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Collier 'entrelacs'
Prix : 39 € + port
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BRACELETS 'la COQUILLE' réf : B01-2005 Prix : 28 € +port
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BRACELET 'LA DENT' Prix : 28 € +port
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BRACELET 'RETRO' Prix : 24 € + port
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Tous les cartons ci-dessous sont la création de Florence Quinette. Il est possible de les commander par correspondance. A ces prix, il faut ajouter les frais d’envoi qui varient selon le poids.
Dans chaque catalogue vous trouverez :
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"Raku"Ce catalogue contient 3 modèles (3 pendentifs) ainsi que leurs schémas techniques. Prix : 6.00 € +port |
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"Le kit"
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"Le Pois Perlé"La Parure complète Prix : 6.00 € +port Ce catalogue contient 4 modèles ( le pendentif, 2 bracelets et les boucles d’oreilles ainsi que leurs schémas techniques |
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"Koyo"La Parure complète Prix : 6.00 € + port Ce catalogue contient 3 modèles ( 2 pendentifs et les boucles d’oreilles ) ainsi que leurs schémas techniques |
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"la parure"Prix : 6.00 € + port Ce catalogue contient 3 modèles ( le collier, le bracelet et les boucles d’oreilles ainsi que leurs schémas techniques |
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"le goût du jour"Prix : 6.00 € + port Ce catalogue contient 3 modèles dont 1 schéma technique |
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"les Bracelets"Prix : 6.00 € + port Ce catalogue contient 6 modèles |
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"Boucles d'oreilleset Pendentifs"Prix : 6.00 € + port Ce catalogue contient 5 modèles ainsi que leurs schémas techniques |
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"Pêle-Mêle"Prix : 6.00 € + port Ce catalogue contient 4 modèles ainsi que leurs schémas techniques |
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signet 1 Dentelle du Puy et DanoisePrix : 11 € + port 6 modèles |
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Signet 2 Dentelle Danoise et BayeuxPrix 11 € + port 6 modèles |
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signet 3 dentelle Bayeux et DanoisePrix : 11 € + port 3 modèles |
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La JambièrePrix : 4,50 € + port (pas de shéma technique) |
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L'EglantinePrix : 4,50 € + port (pas de shéma technique) |
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Le bouquet d'Anémonesun signet et un médaillon Prix : 6,50 € + port |
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Le panierPrix : 4,00 € + port |
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Pomme de Reinetteet Pomme d'ApiPrix : 7,50 € + port |
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L'étoilePrix : 4 € + port |
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Le LosangePrix : 6,50 € + port |
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Les Rubekias(médaillon-signet-oval-octogonal) Prix : 10 € + port |
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Feuille d'éventaildentelle du Puy Prix : 10€ + port monture en bois : 25 € Ce catalogue contient le modèle de l’éventail ainsi que sa déclinaison en napperon rond et le schéma technique. Taille : 32.5 cm x 16 cm |
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Papillon N° 13 modèles (différentes tailles) Prix : 8€ + port |
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Papillon de Lune1 modèle (différentes tailles) Prix : 5€ + port |
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Papillon de Juin1 modèle (différentes tailles) Prix : 5€ + port |
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Le Bourbesneur Prix : 7,50 € + port |
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La Judeline Prix : 4,50 € + port |
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Le Trèfle Russe |
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L'Hiver et l'Eté |
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Vous désirez soutenir l'association et le patrimoine normand ?
N'hésitez pas ! Prenez contact avec l'atelier pour obtenir votre carte d'adhérent (16 € minimum par an)
- Sortir de Bayeux par St Vigor le Grand, en prenant la direction d’Arromanches (D 516)
- Continuer sur 2 km puis prendre au 1er carrefour, la direction de Vaux sur Aure à gauche (D153) sur 1.1 km
- dès le panneau signalant l’entrée de Vaux sur Aure
prendre le chemin (en face) à gauche, au coin pique nique, à l’entrée du virage.
- 30 m plus loin, aux boîtes aux lettres, prendre en face la direction de l’atelier de dentelle ou le moulin St Sever
- et descendre jusqu’en bas dans la cour ….
- Vous êtes arrivés !
Pour vous aider à établir votre itinéraire : www.viamichelin.com

Aucune preuve d’origine absolue n’existant, on continue à discuter de l’origine de la dentelle aux fuseaux.
XVI eme S
Le nom de PASSEMENT , donné aux premières dentelles aux fuseaux, leur vint de ce que cette industrie était comprise dans la corporation des passementiers, qui seuls avaient droit de faire toutes sortes de « passements de dentelle »
Ainsi donc passement et dentelle sont une même chose à l’origine pour désigner la dentelle aux fuseaux.
Les passementiers emploient souvent dans leurs ouvrages un cordonnet-guipure. Dans le travail aux fuseaux ce cordonnet, par sa raideur ne se prête qu’à l’exécution de passements largement percés. De là vient que l’on donne le nom de guipure à toute dentelle dont les fonds sont larges et irréguliers.
Une des provinces de France où le travail aux fuseaux s’établit le plus tôt, est certainement l’ Auvergne.
Beaucoup d’hommes y sont colporteurs et vont chercher dans le midi soieries et dentelles pour les revendre à Paris et dans les régions du nord de la France. Ces hommes contribuent à ramener « au pays » la connaissance de cette industrie nouvelle des dentelles aux fuseaux qui donnaient lieu à un commerce actif avec l’Italie.
Peu à peu, des femmes françaises imitèrent ces dentelles que leurs maris emportèrent aux voyages suivants.
C’est ainsi qu’Aurillac développa une dentelle d’or et d’argent qu’affectionnait particulièrement l’Espagne et que le Puy-en Velay s’attacha aux dentelles de fil ou guipures de soie. Au XVIIème siècle, on entreprit des dentelles plus larges
Au commencement, on ne faisait aux fuseaux que des dentelles relativement étroites. Elles s’exécutaient en une seule bande sur le métier en conduisant les fuseaux de la même façon, aussi bien en France, en Italie, en Espagne qu’en Flandres. Quand la garniture était plus large qu’une simple bordure, on la rehaussait d’un entre-deux, c’est ce qu’on appelait « bande et passement ». Au XVIème siècle, on ne fit pas autrement.
Au XVIIème siècle, on entreprit des dentelles plus larges. Alors s’est posée la question de division de l’ouvrage. En Italie, France et Espagne, on fabriqua des dentelles larges en divisant le dessin par bandes horizontales, qui se cousaient ensemble, une fois fabriquées.
En Belgique, on eut une autre idée : on découpa le dessin en suivant les lignes capricieuses des fleurs ou des ornements et par petits morceaux séparés mais nullement par bandes. Cette division ingénieuse, permettant de partager l’ouvrage en autant de petites pièces que l’on voulait, fut en partie la cause du très grand succès de l’industrie belge.
On put, en travaillant chaque motif séparément, les réussir plus sûrement quand ils étaient riches et compliqués.
A la place des passements italiens et français, où les parties claires dominaient autour d’un dessin un peu grêle et mince, les flamands entreprirent des dentelles toutes différentes.
Une plus grande importance fut donnée aux motifs mâts, que séparaient à peine quelques traits formés de points clairs. Le toilé serré des fleurs s’assortissait bien mieux aux grands cols plats en toile de la mode flamande. On adopta cette mode en France, et, sous Louis XIII, ces grands cols se substituèrent aux fraises godronnées. Les guipures de Flandres marquèrent donc un grand progrès dans la fabrication aux fuseaux et eurent un légitime succès jusqu’à la mort de Mazarin.
C’est sous l’inspiration de Colbert, succédant à Mazarin, que Louis XIV s’éprit des points de Venise à l’aiguille et 2 ou 3 ans après, songea à les faire reproduire en France.
Dans le courant du XVIIème siècle, on commença à faire, en Belgique, des dentelles à réseaux. C’était tout d’abord le même procédé que pour les guipures de Flandres, le fond seul variait. Mais par une anomalie bizarre, ces dentelles, fabriquées de la même façon et dans le même pays, se vendirent de par le monde sous le nom de guipure de Flandres quand les fonds étaient à barrettes et sous celui de dentelles d’Angleterre quand le fond était à réseau.
Pourquoi cette évolution ? Les Anglais, voisins de la Flandre, entretiennent un important commerce de dentelles. Cet important commerce oblige la royauté à des édits somptuaires pour empêcher la fuite de leurs devises vers le Flandre. Les anglais, trop friands de dentelles, font alors venir des dentelles de Flandres que leurs ouvrières transforment légèrement et qu’ils rebaptisèrent « points d’Angleterre à réseaux ». Les premiers points d’Angleterre étaient faits par petites pièces séparées, mais fleurs et réseaux sur le même métier. Plus tard on augmenta encore la division du travail : la fleur toute seule et sans fond aucun, se fit par certaines ouvrières, pendant que d’autres étaient occupées à faire seulement des bandes de réseau, sur lesquelles on venait ensuite appliquer les fleurs en les cousant à l’aiguille. C’est ce qu’on nomma l’Application d’Angleterre.
Les dentelles aux fuseaux apparurent dans la consommation un peu après les dentelles à l’aiguille et au cours du XVIIème siècle cette fabrication s’étendit dans toutes les directions. Ses succès ne furent tout d’abord pas aussi grands que pour les dentelles à l’aiguille. Venise et Alençon dominaient tout alors. Il fallut attendre encore quelques années pour que le travail aux fuseaux fut apprécié comme il l’a été depuis et qu’on lui demandât des pièces vraiment artistiques. Plusieurs des plus grands noms de cette production, Valenciennes, Malines, Chantilly, sont à peine prononcés. Mais Colbert a bien préparé le terrain. Il a répandu l’enseignement et semé des encouragements qui fructifient.
¨ La Belgique, secondée par la commerçante Angleterre, commence de son côté à répandre ses charmantes dentelles. Elle donne aux produits du fuseau leur caractère constitutif. C’est dans cette voie que le progrès marquera constamment et qu’un élan extraordinaire va se produire sous Louis XV. Toutes les dentelles à l’aiguille semblent frappées d’une sorte de décadence après la mort de Louis XIV.
A partir du XVIIIème siècle, les dentelles aux fuseaux ont acquis en quelques sorte les personnalités bien tranchées qu’elles ont gardées depuis. Elles se sont développées en usant de dessins spécialement composés et appropriés à leur nature. La coquetterie féminine a su deviner tout le parti qu’elle pouvait tirer des tissus souples, moelleux, gracieux et vaporeux comme savent en tresser les fuseaux.
Alors se constitué cette série de productions charmantes qui s’appellent la Valenciennes, la Malines, l’Angleterre, le Chantilly, la Blonde, dont chacune forme un type bien particuliers.
Le Cluny est à part : ce nom de fantaisie, car on n’a jamais fait de dentelles à Cluny, vient sans doute de ce que l’on a fabriqué beaucoup de ces dentelles ( d’Auvergne, rajeunies sous le nom de Guipure Cluny) destinées à l’église de l’abbaye de ce même nom.
Ce qui maintient, à travers toutes les vicissitudes, la prospérité du Puy, c’est qu’on y montre une merveilleuse aptitude à changer la nature ou la grosseur des fils à employer.
On y travaille alternativement et sans hésitation, le lin, la soie, la laine, le poil de chèvre et même celui du lapin Angora.
1. Le point de Milan : Milan, après avoir commencé par le passement, s’est appliqué à reproduire les points de Venise avec les beaux rinceaux ornés de fleurs épanouies. C’était donc un autre genre de guipure caractérisé surtout par le type à rinceaux. Il n’y avait plus les reliefs des points de Venise à l’aiguille; les fleurs étaient plates et travaillées en toilé serré. A peine quelques trous et jours dans les surfaces mates pour les éclaircir mais les fonds à barrettes tressées détachaient vigoureusement les enroulements toujours gracieux de ces beaux dessins.
2. La Valenciennes : La Valenciennes n’a reçu son appellation définitive qu’au 18ème siècle. Les modifications ont portées sur les fonds, entre les motifs des dessins. Peu à peu, on n’entassa moins les fleurs les unes contre les autres, et les espaces s’agrandissant furent remplis, d’abord par une sorte de guipure mouchetée de pois répandus comme de la neige. Mais après divers tâtonnements, le réseau classique auquel Valenciennes attacha son nom devint une maille carrée, très régulière, transparente et cependant d’un travail natté, très solide. Dans cette dentelle, fleur et fond sont travaillés en même temps et du même fil. Aucun cordon de conturage n’accompagne le dessin. Cette absence de tout relief facilite beaucoup le lavage. La Valenciennes passe mieux que toute les autres sous le fer à repasser. Un atout précieux pour garnir le linge de maison.
3. La Chantilly : Chantilly est devenue au 18ème siècle, le centre de ralliement des dentellières répandues dans l’île de France.
Après des débuts artistiques forts modestes, Chantilly se créa une réputation très grande , surtout quand elle appliqua son industrie à la production des dentelles noires. On remarque, dans les anciens Chantilly ( blancs ou noirs) beaucoup de dessins à vases et corbeilles fleuries, dessins très fréquents dans la fabrication céramique de Chantilly, qui a joui d’un certain renom, à la même époque.
La matière employée dans les dentelles noires est une soie appelée grenadine d’Alais. Les fils retors qui la composent perdent par cette torsion une partie de leur brillance, ce qui a fait croire à beaucoup de personnes que le Chantilly était fait en fil de lin noir.
Le réseau primitif de cette dentelle est un losange traversé de haut en bas par un fil horizontal. On le dit souvent à fond chant, par abréviation de Chantilly.
Il se fait dans les ajourés de ces fleurs ou de ces ornements, un fréquent emploi de l’ancien réseau du point de Paris, dit aussi Vitré, mariage ou 5 trous, suivant les régions. Mais Chantilly a résisté à l’envahissement de la maille hexagonale, forme Alençon, qui est presque la seule employée depuis longtemps dans toutes les dentelles noires.
Après avoir été longtemps la fortune de Chantilly et de toute la contrée environnante jusque vers Gisors, cette fabrication a disparu des environs de Paris et s’est transportée en Normandie, autour de Caen et de Bayeux. C’est là, qu’elle a pris durant les 19ème et 20ème siècles, une extension considérable.
Cet essor est aussi dû à une époque où la mode des châles s’établit très solidement. Pendant 25 à 30 ans, cette mode fut une des plus stables qu’on ait rencontrées dans l’histoire du costume féminin. L’impératrice Eugénie ( 1826-1920), épouse de Napoléon III, a joué un rôle décisif dans l’essor de la mode de ces châles et mantilles de soie noire.
Les dentelles noires de la Normandie ont été portées à un degré de perfectionnement qu’elles n’avaient jamais atteint aux époques précédentes. Les articles si finement ombrés et exécutés à Bayeux défient toute comparaison avec les anciens Chantilly. Dans cette spécialité, le moderne est très supérieur à l’ancien.
Les villes de Grammont et d’Enghein, en Belgique, produisent aussi des dentelles noires mais qui se distinguent facilement des françaises par un travail plus plat et moins nuancé
4. La Blonde : Elle a d’abord été faite en soie écrue, et c’est sa couleur d’un jaune pâle qui l’ a faite baptisée ainsi. Elle ne se fait plus guère, de nos jours, qu’en blanc ou noir.
Deux soies différentes y sont employées, une fine pour le fond réseau, une plus grosse et peu tordue pour les fleurs. Dans les anciens dessins, les mâts sont peu nombreux et le cordon trace des sinuosités capricieuses qui donnent naissance à des entrelacements très percés. La Blonde est souvent faite à la façon espagnole, avec de larges motifs fleuris, composés de beaux mâts, brillants comme du satin et qui se détachent vigoureusement sur la transparence du réseau. Quelques fois des parties de grille en soie fine alternent avec les parties mates en soie plate : c’est ce que l’on nomme la Blonde mi-genre.
Toutes ces dentelles se font par bande. Fleurs et réseaux y sont travaillés ensemble.
Nous allons maintenant parler de celles qui se font par fleurs détachées et se divisent par morceaux analogues à ceux qu’ont fait dans les travaux d’aiguille. Cette disposition d’ouvrage est certainement d’initiative belge.
GUIPURE DE FLANDRES : La première fois qu’une dentellière flamande a fait sur son coussin, une fleur détachée, elle ne se doutait pas de l’énorme service qu’elle rendait à son pays en créant un procédé de fabrication absolument nouveau et dont les conséquences ont été considérables.
La fleur, une fois terminée, il fallut lui faire un fond pour la soutenir et la rattacher aux autres fleurs du dessin. Ce furent des barrettes tressées qui jouèrent ce rôle. Ce genre de dentelle eut un grand succès au XVIIème siècle. Il produisit surtout de grandes garnitures pour les aubes. La qualité est plate et manque de relief mais elle est pleine d’ampleur et de mâle opulence. C’est à Bruges que cette fabrication s ‘est fixée plu spécialement. L’ameublement a su tirer parti des effets larges de la guipure de Flandres ( garnitures de lits, …)
HONITON: Les anglais firent des guipures de qualité plus fines et plus serrées que celle de Bruges.
TULLE et MARLI : Les réseaux, au 18ème siècle, avaient fini par être tellement en faveur, malgré leur monotone régularité, qu’ils ont donné lieu sous Louis XVI, à l’exécution de dentelles qui n’étaient composées que d’un réseau sans dessin, bordé d’un simple picot.
C’est ce que l’on a appelé, suivant leur maille, le TULLE et le MARLI.
Le TULLE semble être né ( époque inconnue) dans la ville de la Corrèze qui porte son nom. Par une extension imprévue, TULLE a donné son nom à tous les réseaux unis que la mécanique a fabriqués.
Le MARLI pourrait tirer son nom du village situé entre Versailles et Saint-Germain. Sorte de Tulle à points carrés.
La révolution fut fatale à Valenciennes. Chantilly qui fut remplacée par la production de Caen et Bayeux n’a pas survécue à l’invention des dentelles faites par la mécanique.
Site personnel de Claudette et Michel Bouvot
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Quand l'acier rencontre l'élégance. Quand le métal devient vivant, se métamorphose et offre finesse et beauté. Quand le soucis de reconstitution égale celui de précision......
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